Sorbonne Université : des primes d’intéressement au détriment de la formation et de la recherche ?

Distribuer des dividendes d’une main tout en supprimant des emplois de l’autre : la méthode indigne le monde du travail. La présidence de Sorbonne Université vient d’en appliquer la version académique : distribuer des bonus financiers à quelques-uns, tout en sabrant les moyens collectifs de formation et de recherche.

Lors de sa dernière séance, le conseil d’administration de Sorbonne Université a voté « la levée de la prescription quadriennale pour les primes « inventeurs » », selon les termes de la délibération. En clair, il s’agit d’autoriser le versement de manière rétroactive de primes d’intéressement individuelles sur les brevets au-delà de la limite légale des 4 ans. En remontant ainsi jusqu’en 2018, 715 dépôts de brevets prioritaires et 170 contrats de transfert seraient concernés pour un « impact financier maximal estimé à 450 keuros », sans plus de détails prévisionnels.

La rentrée 2026 est-elle vraiment le bon moment pour élargir le paiement de bonus individuels ? La présidence de Sorbonne Université active une mesure d’exception financière au bénéfice du cercle restreint des « inventeurs » de l’établissement, dans un contexte d’austérité drastique imposée à tous les personnels, étudiantes et étudiants.

Car la réalité des formations à Sorbonne Université est piteuse en cette rentrée :

  • un coup de rabot de -20 % dans le budget des formations en FSI détériore l’accompagnement en L1, entraine la fermeture d’unités d’enseignement ou la diminution de leurs capacités d’accueil de la Licence au Master. Symbole de cette dégradation : on rationne l’accès aux stations marines des étudiantes et étudiants en Biologie Marine !
  • des postes non-renouvelés, des équipes administratives et techniques surchargées, et des formations dégradées : plusieurs Masters font leur rentrée sans gestionnaire, de nombreux services et équipes pédagogiques sont affaiblis et en souffrance. En Sciences de la Vie par exemple, le non-remplacement de personnels de l’équipe technique du CFPB (Centre de Formation Pratique en Biologie) a conduit à la suppression en urgence de 20% des séances de TP, de la L1 jusqu’au Master. Faire des sciences expérimentales sans expérience pratique, voilà l’innovation pédagogique de notre Présidence.
  • des coupes majeures dans les emplois-étudiants réduisent les créneaux d’ouverture de nombreux services (salles informatiques en libre-service, FabLab, Maison de la Vie Etudiante) et diminuent de 50 % les heures de tutorat de L1 en FSI. Couplées à la réduction du taux horaire de leur rémunération, c’est une véritable double-peine : on précarise les étudiants salariés de l’établissement, tout en dégradant leur accompagnement.

En regard de cette rentrée des formations catastrophique, la recherche n’est pas en reste. Les équipes de recherche de FL et de FSI ont vu disparaître avant l’été 20% de leur dotation, et on les prépare à une nouvelle coupe. Quant aux postes, les annonces de non-renouvellement commencent à tomber.

Ces choix politiques favorisent des intérêts individuels au détriment du service collectif. Privatiser les bénéfices de la valorisation tout en mutualisant l’austérité : voilà la politique de la présidence de Sorbonne Université.

La formation des étudiantes et des étudiants et la recherche doivent rester les priorités d’une université publique.Le collectif Sorbonne Autrement.

Le collectif Sorbonne Autrement.


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