Gouverner n’est pas passer en force : l’alerte de Sorbonne Autrement

Paris, le 22 janvier 2026.

Chères et chers collègues, chères étudiantes et chers étudiants,

Depuis les élections universitaires, Sorbonne Autrement agit avec constance pour défendre une conception transparente et démocratique de la gouvernance de Sorbonne Université.
Notre démarche – bien loin de la présentation simpliste qui en est faite – ne relève ni de l’obstruction ni d’une posture systématiquement critique : elle vise à garantir le respect du droit, l’équilibre des pouvoirs et la sincérité des procédures, conditions indispensables au fonctionnement sain et collégial de notre établissement.

Les résultats électoraux ont montré une réalité plurielle. Si la présidence dispose d’une large majorité de sièges au Conseil d’Administration, cette assise résulte de mécanismes statutaires (prime majoritaire, poids des personnalités extérieures) et ne reflète pas une adhésion massive et homogène à un projet unique. Ainsi, au Conseil Académique (CAC), composé de la Commission de la Formation et de la Vie Universitaire (CFVU) et de la Commission de la Recherche (CR), aucune majorité claire ne se dégage en faveur de la Présidence. Cette diversité est saine et doit être respectée.

Or, plusieurs décisions et projets de délibération récents soulèvent de sérieuses inquiétudes. Des interprétations juridiques contestables sont avancées pour justifier des passages en force et verrouiller une majorité fabriquée : transfert de compétences au Conseil d’Administration, éviction de la CFVU d’une décision qui la concerne, modification du corps électoral en cours d’opération électorale en CR.

Ces pratiques exposent Sorbonne Université à une insécurité juridique : elles fragilisent la légalité des délibérations, portent atteinte aux principes d’égalité entre électeurs et de sincérité des scrutins.
Elles sont responsables du blocage : si la présidence avait été majoritaire au CAC, jamais de telles procédures n’auraient été inventées, et les instances seraient installées depuis longtemps.

Sorbonne Autrement a donc pris ses responsabilités : alerter, argumenter juridiquement, demander le respect strict du Code de l’éducation, des statuts et des principes fondamentaux du droit administratif. Nos courriers (voir en bas de page) sont restés sans réponse.
Nous avons donc refusé de siéger en CFVU le 16 décembre et à nouveau en CR ce jour, jeudi 22 janvier. Face à la gravité de la situation, nous portons ces questions devant le Tribunal Administratif.

Il ne s’agit pas de bloquer, mais d’empêcher que la gouvernance de l’université ne s’enferme dans une verticalité préjudiciable, au détriment du dialogue et du respect de la diversité des représentantes et représentants élus des conseils.

Nous alertons l’ensemble de la communauté universitaire.

Défendre la légalité et la collégialité aujourd’hui, c’est préserver demain une université capable de faire face aux vents politiques les plus mauvais.
C’est aussi se doter des moyens d’entendre réellement toutes ses composantes internes, de respecter les besoins de ses personnels et de sa communauté étudiante, et de construire des décisions partagées.

Respectueusement,
Le collectif Sorbonne Autrement.

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