
version courte :
Lorsqu’une institution démocratique rencontre des problèmes de gouvernance, c’est une erreur de croire que le problème, c’est la démocratie. Au contraire, la démocratie est souvent la solution ou son point départ.
version longue :
Le 3 juin dernier, le conseil d’administration de Sorbonne Université a voté la suppression des élections aux conseils facultaires. Or, les doyennes et doyens élus et les conseils facultaires élus constituent depuis la création de l’université un maillon essentiel de son organisation collégiale et démocratique.
Cette décision soulève de sérieuses interrogations : au lieu de favoriser la discussion et la recherche de consensus, elle supprime un espace électif où pouvait s’exprimer le débat contradictoire avec les organisations syndicales, les étudiantes et étudiants, les doctorantes et doctorants, les personnels, au sein d’un espace facultaire avec sa cohérence disciplinaire et scientifique.
Désormais, alors que le doyen de la Faculté de Santé reste élu par ses pairs en tant que directeur de l’UFR de Santé (et donc doyen élu), les doyennes et doyens des Facultés des Lettres et de Sciences et Ingénierie seront, en dernière instance, nommés par la présidence. Cette différence crée une dissymétrie institutionnelle : les doyennes et doyens nommés ne disposent pas de la même légitimité démocratique que le doyen élu de Santé, ni que les directeurs et directrices d’UFR, tous élus par leurs pairs.
On a beau jouer sur les mots et dire que les décanats continueront d’exister, cette profonde dissymétrie et cette volonté de limiter la collégialité et le débat contradictoire sont inquiétants, sachant qu’on peut démettre une personne nommée alors qu’on est obligé de composer et de dialoguer avec une personne élue.

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