
Le 4 décembre 2025, le conseil d’administration (CA) s’est réuni pour élire les 5 personnalités extérieures (PE) qui complètent sa configuration pour les 4 prochaines années.
Lors de ce conseil d’administration, s’exprimaient les 28 représentantes et représentants des personnels et des étudiants et étudiantes élus lors des scrutins des 19 et 20 novembre 2025, auxquelles s’ajoutaient 3 personnalités extérieures nommées par le CNRS, la ville de Paris et la Région Île de France.
Voici la configuration du CA au lendemain des scrutins du 19 et 20 novembre, comprenant 22 personnels et 6 étudiants :
- 13 élues et élus Réunis avec Nathalie Drach-Temam (9 élues et élus + 4 sièges de prime majoritaire) ;
- 6 élues et élus Sorbonne Autrement ;
- 2 élus CGT-FSU et sympathisant.e.s ;
- 1 élue UNSA ;
- 2 élues et élus de SUSIE ;
- 2 élues et élus de l’AGEP ;
- 1 élue Le Poing Levé ;
- 1 élu FSE-solidaires.
Les 3 personnes que les organismes et les tutelles ont nommées sont celles-là mêmes qui siégeaient sous la précédente mandature :
- M. Lionel Buchaillot, représentant du CNRS ;
- Mme Béatrice Lecouturier, représentante de la Région Île-de-France ;
- Mme Marie-Christine Lemardeley, représentante de la Ville de Paris.
Lundi 4 décembre 2025, les 3 personnalités extérieures nommées ont fait le choix de participer au vote, en présence pour Béatrice Lecouturier, par procuration pour Lionel Buchaillot et Marie-Christine Lemardeley.
Ainsi, grâce aux 3 voix des personnalités extérieures, grâce au ralliement des deux élus de l’AGEP, Réunis a fait élire ses 5 personnalités extérieures quelque soit la pertinence des noms proposés.
Il est certes désolant que les personnalités nommées ne se soient pas abstenues ; mais il est plus désolant encore que l’AGEP ait voté avec la présidente, tout en ayant dénoncé, pendant sa campagne, son inquiétude pour la démocratie en peau de chagrin et la disparition de la collégialité au sein des facultés. Sans surprise, l’AGEP fait figure de supplétif de Réunis : rappelons que ce sont les élus de l’AGEP qui ont fait passer la modifications des statuts le 3 juin.
Désormais, si l’on suit les logiques qui se sont faites jour le 4 décembre, la présidente actuelle jouit au CA de 23 voix sur 36 et se voit assurée de sa reconduction lors de l’élection du 15 décembre (13 élus Réunis + 3 personnalités nommées + 5 personnalités extérieures élues + 2 voix de l’AGEP).
Béatrice Perez, notre tête de liste, n’a pas déposé sa candidature à la présidence de l’université dans ces conditions. Il semble en effet préférable de concentrer nos efforts pour mieux construire une opposition essentielle au sein d’un CA très (trop) verrouillé, permettant de faire vivre des échanges salutaires.
Il apparaît désormais que nous allons endurer une nouvelle mandature, plus arbitraire encore au regard des votes du 4 décembre, ralliant les personnalités extérieures autour d’une continuité (dont ils savent pourtant les écueils de gouvernance) sans tenir compte de l’expression des électrices et électeurs du personnel de Sorbonne Université.
Pour mémoire, les votes des scrutins des 19 et 20 novembre 2025 se répartissent comme suit :

En nombre de sièges, entre la prime majoritaire, les voix de l’AGEP et le soutien des personnalités extérieures, le CA se présente ainsi :

Toutes les personnalités extérieures ont été élues avec 18 voix (un bloc constant de 13 élus Réunis + 3 personnalités nommées + 2 voix de l’AGEP qui n’a pas dévié, même quand la légitimité de l’élection paraissait contestable). Nous vous présentons leur profil.
- Gregory Lemkine, président Directeur Général de WatchFrog S.A, au titre du représentant assumant des fonctions de direction générale au sein d’une entreprise. Soulignons que WatchFrog est issu d’un laboratoire de SU, mêlant des intérêts d’exploitation de brevet, pouvant entraîner des confusions autour d’intérêt communs ;
- Jean-Claude Barboul, président d’honneur de l’Agirc-Arrco, au titre de représentant des organisations représentatives des salariés. Les syndicats ont contesté sa qualité de membre éligible pour cette catégorie annonçant introduire un recours ;
- Marion Carré, cofondatrice et présidente d’Ask Mona, au titre de la représentante d’une entreprise employant moins de 500 salariés. Marion Carré a été vacataire du CELSA de Sorbonne Université en 2023-2024, 2024-2025 et elle avait un service prévisionnel pour l’année 2025-2026, annulé juste avant le vote du CA. Des réserves ont été soulevées en séance du fait de l’interdiction d’existence de relations financières entre une personnalité extérieure et l’établissement, mais la direction générale des services a balayé la réserve émise, ne considérant que les relations contractuelles au jour au vote ;
- Adeline Raguet, proviseure de la Cité scolaire Paul Valéry, au titre de représentante d’un établissement d’enseignement secondaire ;
- Gilles Bloch, Président du Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN), au titre du représentant d’un établissement public à vocation culturelle et scientifique. Le MNHN étant membre de l’Alliance Sorbonne Université, Gilles Bloch siège au sein du Conseil de l’Alliance Sorbonne Université (Conseil de l’ASU) qui se prononce sur les répartitions budgétaires de l’IDEX (27 millions d’euros annuel) commun à l’ASU. Le Conseil d’Administration de Sorbonne Université se prononçant également sur l’allocation de l’IDEX, ainsi que sur la révision des effectifs au bénéfice de structures communes à l’ASU, une question déontologique a été soulevée.
Nous avions demandé une analyse juridique sur cette dernière situation à un spécialiste de ces questions et Béatrice Perez en a exposé les conclusions en séance. Les voici.
« Sur le plan déontologique, une même personne siégeant au conseil d’administration d’un établissement et dans le conseil d’une « alliance » associant cet établissement) pose des questions éthiques importantes, même si sur le plan strictement légal, rien ne l’interdit. À terme, une telle double appartenance peut porter atteinte à la crédibilité, la transparence, la justice du processus décisionnel d’où l’importance de la gestion active des risques de conflit. Elle introduit un risque de biais dans la gouvernance et de dilution de la responsabilité.
Les alliances comme ASU sont des structures de coordination, de mutualisation, de pilotage de projets communs (projets IDEX, recherche, efforts stratégiques, financements, planification). Si un administrateur cumule des mandats entre SU et ASU, il peut avoir un poids disproportionné dans la gouvernance de l’alliance, influencer les partenariats, les flux financiers, mais aussi bénéficier d’une position privilégiée dans l’attribution de financements, de postes, ou d’orientations, ce qui peut fragiliser le principe de séparation des responsabilités entre les instances et favoriser des logiques de retraitement interne de ressources au profit de l’alliance ou d’un membre de l’alliance.
Cela peut entraîner une perte de confiance des parties prenantes (enseignants, étudiants, financeurs, partenaires), notamment si le « double élu » participe à des décisions sensibles (conventions, budget, partenariats, subventions) liant SU et d’autres membres de l’alliance. Même si les décisions sont prises de bonne foi, la simple coexistence des mandats peut donner l’apparence d’un conflit d’intérêts, voire d’un conflit latent, ce qui peut nuire à la représentativité des organes délibérants, à leur transparence et à leur crédibilité auprès des communautés (chercheurs, personnels, étudiants). »
Ces réserves ont été, pareillement, balayées par la direction générale des services.
Le 4 décembre 2025, nous avons ainsi assisté à un verrouillage en règle du CA.
Les règles d’attribution des sièges (prime majoritaire, personnalités extérieures en soutien) sont ainsi faites pour construire des majorités écrasantes. Nous l’avons vu lors du vote sur les statuts. Nous le vivons à nouveau lors de ce second tour d’élection.
Le risque est de donner à la communauté le signe très délétère que leur voix n’est pas prise en compte et n’a aucun sens.
Nous nous engageons à faire vivre ce débat contradictoire plus que jamais nécessaire au sein du CA, de la Commission de la Formation et de la Vie Universitaire (CFVU) et de la Commission Recherche (CR) pour permettre à notre établissement de rassembler, par-delà Réunis, toutes les sensibilités qui se sont exprimées lors des scrutins du 19 et 20 novembre 2025. Nous sommes à votre disposition et vous donnons rendez-vous dès à présent sur notre site, sur les réseaux sociaux, et prochainement, en janvier, autour de l’association Sorbonne Autrement.

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