Comment assure-t-on, en restaurant les doyennes et doyens élus, la stabilité de Sorbonne Université ?

Les élections des 19-20 novembre à Sorbonne Université sont décisives car se dessinent très clairement deux modèles de gouvernance

Comme indiqué par l’équipe présidentielle au moment de la modification des statuts, il s’agira d’élaborer les statuts des facultés en fonction du projet retenu lors des élections.  Comme le précise l’article 26 des nouveaux statuts, l’administration provisoire composée de membres du Conseil académique déterminera les statuts facultaires qui seront ensuite « approuvés » par le Conseil d’administration de l’université.

C’est dire si le vote pour les conseils centraux nous engage dès maintenant ! 

L’équipe Réunis sortante est comptable du bilan de gouvernance du mandat qui se termine :

  • absence de conventions d’objectifs et de moyens avec les facultés, pourtant définies dans nos statuts, empêchant le fonctionnement cohérent de cet échelon avec ses composantes et unités de recherche,
  • non-respect de la répartition des rôles entre niveaux inter-facultaire et facultaire, au détriment des actions prévues dans leur périmètre respectif et du fonctionnement de nos administrations,
  • absence de compte-rendu contre-signé des réunions entre présidente, doyennes et doyens, empêchant la bonne articulation des niveaux et la transparence des choix.

L’équipe Réunis autour de Nathalie Drach-Temam propose des conseils facultaires où siègeraient « des membres élus des instances centrales » et « des membres élus des directions de structures de formation et de recherche ».

Aura-t-on donc des personnes élues à mi-temps dans les conseils centraux et nommées à mi-temps dans les conseils facultaires ? Des directeurs et directrices d’UFR ou d’unité de recherche s’occupant à mi-temps de leur UFR ou de leur unité de recherche, et à mi-temps de leur faculté ?

Un tel modèle aboutit à concentrer le pouvoir de décision dans la main de quelques collègues, cumulant les mandats et se dispersant entre les instances dans un multi-tâches incompatible avec le suivi sérieux des grands chantiers, sans compter le problème de la représentation des personnels, des doctorantes et doctorants, étudiantes et étudiants, plus que floue et réduite à la portion congrue.  

La liste Réunis juge les décanats « pléthoriques ». Pour mémoire, il y a 8 vice-doyennes et vice-doyens à la Faculté des Lettres, contre 11 à l’Université Paris-Cité.

La liste Réunis propose une équipe de gouvernance d’une vingtaine de membres au niveau universitaire. Pour mémoire, il y a actuellement 8 vice-présidentes et vice-présidents de plein exercice à Sorbonne Université et des bataillons de conseillers et de conseillères, contre seulement 6 à l’Université Paris-Cité.

Gonfler l’équipe universitaire et réduire les équipes facultaires revient à éloigner les décisions des réalités de terrain. La centralisation du pouvoir est toujours source de lourdeurs bureaucratiques, éloignées des besoins locaux.

Sorbonne Autrement préfère un système plus simple, plus efficace, plus apaisé

  • qui représente l’ensemble des collèges,
  • qui consiste à mieux définir les compétences entre niveaux inter-facultaire et facultaire, chacun ayant sa pertinence,
  • à mettre en œuvre des délégations de compétences et de la subsidiarité pour plus de fluidité,
  • à ouvrir un dialogue budgétaire avec les facultés tous les deux ans.

Responsabiliser chaque instance, en définissant clairement son périmètre pour éviter tout chevauchement.

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